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La réalité de la migration clandestine

Au cours des dix dernières années, un nombre considérable d’hommes et de femmes africains ont tenté de migrer vers l’Europe à la recherche d’une vie meilleure. Comme les médias nous le rappellent constamment, beaucoup d’autre eux n’ont pas la possibilité d’atteindre leur but. Le voyage de l’Afrique de l’Ouest à la Libye leur est effet souvent fatal. Ceux qui arrivent à rejoindre les côtes prennent le risque de périr en Méditerranée ; et l’accès à un travail bien rémunéré ne se présente jamais à ceux qui n’ont légalement pas le droit d’être là.

Le Korsa a remarqué que cette réalité est mal comprise par de nombreux Sénégalais, et le plus souvent par de très jeunes hommes et femmes prêts à risquer leur vie pour migrer. Pour pallier à cette méconnaissance, nous avons lancé une série de projections de films et de discussions dans toute la région de Tambacounda, afin d’informer de potentiels migrants et leurs familles des dangers du voyage. Organisées et coordonnées par notre personnel, les projections réunissent des mères, des filles, des fils, des enseignants, des artistes, des dirigeants locaux et bien d’autres pour découvrir des récits authentiques sur la migration et discuter de la manière dont les ressources consacrées à la migration pourraient être utilisées pour améliorer les conditions de vie à Tambacounda.

Cinq films au total ont été produits. Ils constituent la courte série documentaire nommée
« Senegal/Sicily», créée par les cinéastes italiens Alberto Amoretti et Giovanni Hänninen. Alberto et Giovanni sont deux artistes qui ont été en résidence à Thread en 2016. Pendant leur séjour, ils ont rencontré à Sinthian Aisadou, la mère d’un jeune migrant du nom d‘Alpha, qui s’est rendu en Sicile après un pénible voyage au cours duquel il a presque failli perdre la vie. Alpha a trouvé un travail temporaire dans une ferme mais son avenir est incertain car il ne dispose pas des papiers pour être en règle.

Son histoire, semblable à celle de nombreuses autres personnes, fait l’objet du premier film de la série et se nomme « Alpha / Aisadou ». Après l’avoir vu lors d’une projection à Sinthian, un jeune homme s’est levé et a déclaré : « J’avais prévu de vendre mes chèvres et de partir en Europe, mais j’ai à présent l’intention de les garder et de vivre ici.» L’objectif du Korsa est d’aider les jeunes hommes et les jeunes femmes, ainsi que les familles qui leur donnent souvent les ressources nécessaires pour migrer, à se faire une idée plus précise des risques encourus lors de la tentative de rejoindre l’Europe.